Les 3 ponts :

Vous venez de découvrir une partie du patrimoine de St Vincent des Landes en remontant le trajet de l’ancienne voie ferrée. Trois ponts s’y succèdent dont voici un bref historique.

Un drôle de paroissien : Mathurin Phelippes de Beauregard né en 1745 à Carquefou selon Alfred Gernoux (pages 41 et 202 dans son histoire de la Révolution au pays de Châteaubriant parue en 1936.)

Il fut d’abord vicaire en Vendée en décembre 1778 à Sainte-Cécile puis en juin 1779 à Luçon et enfin d’août à décembre 1780 à Bourg-sous-La-Roche.

Il est le fils de Charles René Phelippes de Beauregard, avocat à la cour du parlement de Bretagne à Combourg et de Laillé, Anne Marie Modeste, sa mère.

Il n’est sans doute pas entré dans le clergé par vocation mais pour y faire carrière. C’est une pratique courante dans les familles aisées. Il adopte rapidement les idées révolutionnaires.
L’abbé Mathurin Phélippes de Beauregard prête serment à la Constitution.
Il exerce son ministère à Escoublac, comme en font état les archives de la mairie de la Baule:
« On peut aussi considérer l’église d’Escoublac comme le lieu de naissance de la Commune de la Baule, puisque le premier maire y a été élu, le 1er février 1790 et maintenu jusqu’en 1791, en la personne de l’abbé Mathurin Phelippes de Beauregard, vicaire. »
Il se retrouve en 1793 à St Vincent des Landes et s’y marie le 25 avril de la même année. (Le célibat des prêtres n’est pas exigé par les autorités pendant la Révolution pour les curés-jureurs.)
Il a alors 48 ans quand il épouse Anna Marie Gourdon âgée de 18 ans dont il eut un fils 5 mois plus tard (!). Il accepte des responsabilités au sein de la Société populaire de Châteaubriant :
29 Messidor (17 juillet 1795) : la Société Populaire de Châteaubriant ne s’est pas réunie depuis longtemps (voir 6 floréal). Cela fait plus de deux mois et le citoyen Phelippes, instituteur (et prêtre), se désole, disant qu’il fait lecture des bulletins de la Convention Nationale, « ce qu’il n’a discontinué de faire tous les jours de son poste depuis le 22 floréal dernier (c’est-à-dire depuis le 11 mai 1795) ». Il dit qu’il continuera de le faire « tant que nos frères d’armes de la garnison en cette cité se rendront aux séances. Car ils sont communément les seuls qui s’y trouvent ».
En sorte que le pauvre Citoyen Phelippes, qui n’est en principe que vice-président de la Société Populaire, se trouve contraint « de faire tout à la fois fonction de Président et de secrétaire ». * (Mairie de Châteaubriant, Histoire et Résistance
1795 (An III) - mai-juin-juillet- Histoire - Histoire au jour le jour -)

Il fut aussi commissaire du canton de Guémené après avoir postulé pour celui de Derval le 8 prairial An 5 (27 mai 1797) et il meurt à Nantes le 12 avril 1811 en sa demeure sise au N°6, rue du Soleil, deuxième canton.

Pourquoi son nom fut-il associé au premier pont de chemin de fer de la ligne Châteaubriant - Montoir de Bretagne, désigné en patois local sous le nom du pont Flip (Phelippes), nous l’ignorons.Pont Phelippes L

Le second pont dit de la Harlais, le plus ancien apparaît sur les cartes d’état - major dès 1820. Il est sur le grand chemin qui allait de Châteaubriant à Treffieux avant 1839. C’est un axe essentiel pour le charroi des ardoises extraites aux carrières du Jarrier et de la Harlais où subsistent encore quelques ruines de maisons de perreyeux (les tailleurs d’ardoises). On le retrouve sur le cadastre Napoléon de 1844

pont de la Harlais2 L

« On a fait cette année la Route Départementale n°11 de la Croix-Lorent à Lavaux par Nozay, la même année on a fait le pont qui se trouve au midi du village de la Griolais, à la dite route. Cette route et le pont pour remplacer l’ancien chemin et l’ancien pont de la Harlais ». Selon le registre paroissial tenu par Ricoul en 1839

Enfin le chemin de fer fait son apparition dans le paysage et contribue à établir une plus grande circulation des gens et des marchandises. La section de ligne entre Châteaubriant / Saint Vincent des Landes est terminée en avril 1881 (transversale de Redon) et la section de ligne entre Saint Vincent des Landes / St Nazaire via Besné-Pont-Château et Montoir-de-Bretagne est achevée en mai 1885. La route enjambe les voies au pont de la Madeleine.

pont MadSV3
La section Châteaubriant / St Nazaire est fermée depuis le 19 mars 1952. La commune rachète le tronçon il y a une vingtaine d’années et l’aménage en voie verte


Sur notre circuit deux monuments : le calvaire de la famille Blais sur la route de la Martinais et Notre Dame des sept douleurs, une œuvre du sculpteur Jean Fréour qui nécessiterait une importante restauration.

la Croix Blais

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